
J’ai toujours perçu les tensions avant les autres. J’adapte mon discours pour rassurer. Je défends les plus fragiles. On me classe parmi les personnes du genre émotionnel, celles qu’on qualifie de « trop sensibles ». Pourtant, en tant que père, cette sensibilité m’a permis d’accompagner au mieux mes enfants dans leur développement personnel. Elle m’a aidé à fédérer des équipes en tant qu’éducateur sportif et coach. En tant que formateur, elle m’a servi à sécuriser des jeunes en parcours d’insertion. Elle m’a aussi rendu attentif aux risques psychosociaux. Enfin, elle m’a donné les clés pour transformer des conflits en opportunités.
C’est cette même sensibilité qui guide encore mes actions au quotidien. Elle m’anime dans mon engagement associatif, dans le développement de la facilitation visuelle comme outil de compréhension, de formation et, bientôt, dans l’animation de fresques thématiques pour les salariés des institutions locales, des entreprises et du monde associatif.
Cette sensibilité n’est pas une faiblesse. Elle est un outil. Un outil pour comprendre les besoins, pour agir avec justesse, pour connecter les personnes entre elles. Et c’est ce que je veux partager ici
1. Une sensibilité qui agit comme un radar social
Les personnes émotionnelles analysent les réactions en temps réel. Leur cerveau traite les informations avec une intensité particulière, comme le montre une étude de l’Université de Grenoble en 2023. Elles captent les non-dits, les micro-expressions, les signes de mal-être. En réunion, sur un terrain de sport ou dans un atelier, elles identifient ce que les autres ne voient pas.

Leur force ? Une connaissance fine des dynamiques humaines, acquise par l’observation et l’introspection.
Pourtant, leur prise de parole reste un défi. Leur discours peut sembler hésitant, leurs phrases inachevées. Voici cinq techniques qui peuvent les aider à s’exprimer avec plus d’aisance :
- Se concentrer sur trois idées clés pour structurer leur intervention.
- Utiliser un ancrage physique (un stylo, leur lunette…) pour canaliser leur stress.
- Respirer en 4-7-8 avant de parler pour clarifier leurs pensées.
- S’entraîner avec un public test, conscient du fait pour gagner en confiance.
- Employer des phrases transition (« Je reviens sur mon premier point ») pour fluidifier leur expression.

2. Des compétences au service des autres
Mon expérience le confirme : leur empathie renforce la cohésion. En sport, elles désamorcent les rivalités, dans l’industrie, elles améliorent l’adhésion aux règles qualité, en formation, elles apportent confiance.
Voici, cinq atouts à valoriser :
- La détection précoce des tensions : Elles repèrent les conflits naissants et agissent avant qu’ils n’escaladent.
- La création de liens authentiques : Leur approche humaine fédère les équipes, comme dans le cadre d'une participation à une fresque thématique "Qualité" qui simplifient la compréhension des processus.
- L’adaptation aux profils variés : Elles ajustent leur communication selon les besoins, un atout en management ou en accompagnement individuel.
- La vigilance et la prévention des risques psychosociaux : Leur sensibilité les rend vigilantes face au stress ou à l’isolement.
- L’innovation par l’écoute : Leurs solutions intègrent les retours terrain, comme les ajustements que j’ai pu opérer pour les opérateurs en construction navale.
Ces compétences s’appuient sur l’intelligence émotionnelle, un levier de performance. L’INSEAD souligne que les équipes dirigées avec empathie commettent 30 % d’erreurs en moins sous pression.

3. Un rempart contre les risques psychosociaux
Leur vulnérabilité apparente est leur force. Elles perçoivent les signes de souffrance et interviennent avant que la situation ne dégénère. Souvent, elles brisent les silences, proposent des espaces d’expression et défendent ceux que le système ignore.

4. Un plaidoyer pour les profils sensibles
Mon histoire en témoigne : ces traits ne sont pas des faiblesses, mais des outils pour un management plus humain. Les personnes émotionnelles ne doivent pas s’excuser de leur sensibilité. Elles doivent l’assumer comme une compétence clé, au même titre que la rigueur ou l’expertise technique.
Mes sources
- Université de Grenoble, 2023 : « Empathie et prise de parole en public ».
- INSEAD, 2023 : « Intelligence émotionnelle et performance collective ».
- INRS, 2023 : « Prévention des risques psychosociaux par l’écoute active ».
Le véritable levier d’une équipe réside dans sa capacité à intégrer ces profils. La « fragilité » des « émotionnels » est en réalité une arme pour protéger les plus vulnérables, bâtir des collectifs résilients dans la force de l'innovation créative.

En conclusion :
Ces profils ne sont pas un problème à gérer, mais une ressource à exploiter. Et si leur "faiblesse" était la clé d’un management plus humain et performant ?
Cette sensibilité est une force. Elle doit nous permettre de détecter ce que les autres ne voient pas, de créer des liens là où certains ne voient que des obstacles, et d’agir avec justesse. Alors, si toi aussi tu te reconnais dans ces traits, partage tes expériences.
Comment gères tu ton "émotionnalité" au quotidien ? Quelles techniques utilises-tu pour en faire un atout dans ton travail, ta famille ou tes engagements ?
Échangeons sur nos défis, nos solutions et nos réussites. Ensemble, transformons cette sensibilité en levier pour construire des équipes plus humaines, des projets plus inclusifs et un avenir où chacun trouve sa place.
Et si un jour mon chat malicieux t’interpelle sur ces sujets, tu sauras pourquoi !
