
La première partie de la saison sportive 2024-2025 de football touche à sa fin dans les prochains jours. En fonction de leur classement et des résultats obtenus, la majorité des clubs, qu’ils soient professionnels ou amateurs, essaie de se projeter au mieux pour la seconde partie de la saison. Ensuite, la fin du championnat et l’heure des bilans approcheront à grands pas.
En tête chez nos éducateurs, cette dernière période de pourparlers et de tractations influence déjà le comportement de certains d’entre eux. Les équipes du haut de tableaux se mettent à rêver de « montée » et à l’inverse celles, qui sont à la peine, s’angoissent !
De ce fait, il n’est pas rare d’entendre des phrases du type :
« Il faut bien finir, et cela, coûte que coûte ! », « On doit tout donner ! » « On a plus le droit à l’erreur ! », etc.
La pression monte, car les attentes et les enjeux sont forts, à fortiori dès la reprise. Il est à noter toute l’influence de l’attitude des éducateurs sur les résultats sportifs et par incidence sur le bien-être des joueurs. Elle peut être positive avec des éducateurs aguerris ou bien au contraire néfaste.
Pour cette publication, je vais aborder le deuxième cas. Celui où l’éducateur, malgré ses croyances, perd la confiance de ses joueurs.
- La quête de victoire devient le seul leitmotiv : Un obstacle au bon coaching
Malheureusement, ce qui prédomine est bien souvent la seule attente de victoire qui peut nuire au bon coaching en créant une pression excessive, en limitant la créativité, l'apprentissage et en ne focalisant sur les résultats immédiats plutôt que sur le développement à long terme des joueurs.
- Les comportements déviants des éducateurs : Conséquences néfastes sur les joueurs
Sous la pression des résultats et des attentes, certains éducateurs commencent à adopter un comportement agressif et critique envers ses joueurs. Dans le vestiaire, ils utilisent un langage dur et des critiques personnelles plutôt que des retours constructifs.
« Vous n’êtes pas sérieux ! », « Vous n’écoutez pas mes consignes ! », « Vous n'avez aucune idée de ce que vous faites sur le terrain ! »
Ce type de comportement crée une atmosphère de tension et de peur, où les joueurs se sentent constamment jugés et dévalorisés.
- Les gestes et paroles agressives s’exportent sur le terrain
Ensuite, au bord du terrain, ces mêmes éducateurs continuent de manifester leur mécontentement de manière visible, en gesticulant de manière exagérée et en criant des instructions de manière agressive. Ils ignorent les efforts des joueurs et se concentrent uniquement sur leurs erreurs, en les réprimandant publiquement devant les coéquipiers, les dirigeants et les spectateurs. Il n’est pas rare d’entendre des phrases comme : "Tu es incapable de faire une passe correcte ! Sors du terrain, tu mets en difficulté l'équipe ! Le but que l’on a pris est pour toi !..." et ensuite souvent s’enchainent les réprimandes envers le corps arbitral.
- Les conséquences sont négatives et se répercutent sur la performance et le moral des joueurs
Les éducateurs, qui pensent légitime cette attitude, sont convaincus que cela aide les joueurs à devenir plus responsables et « à grandir ». Cela masque plutôt le défaut de compétences en matière de coaching sportif. Ce comportement déviant provoque en outre des conséquences négatives sur la performance et le moral des joueurs. La perte de confiance et l'anxiété réduisent la motivation, ce qui nuit à la cohésion de l'équipe et de ce fait à ses résultats sur le terrain.
- L'influence des Réseaux Sociaux exacerbe ces attitudes
Malgré les nombreux moyens dont on dispose aujourd’hui pour s’informer sur les bonnes pratiques, je croise encore des entraîneurs qui adoptent ce type de comportement. La publication de vidéo sur les réseaux sociaux, où l’entraineur sermonne ses joueurs dans les vestiaires, sont légion. J’hallucine de découvrir leur popularité ! Quels affreux messages envoyés à nos jeunes générations et futurs éducateurs.
Imaginez, un instant, un manager qui utilise un langage agressif et des critiques personnelles pour motiver ses employés.
Promouvoir des méthodes modernes et inclusives pour transformer le monde sportif
Pour ma part, je suis intimement convaincu que ces pratiques souffrent d’une forme d'obscurantisme qui, malheureusement, affecte encore le monde sportif, et plus particulièrement les sports collectifs populaires. Cet obscurantisme se manifeste souvent par des pratiques dépassées, un manque de transparence et une résistance au changement.
Il est crucial de promouvoir des méthodes modernes, basées sur des preuves scientifiques et des pratiques inclusives, pour permettre à leurs sportifs de s'épanouir pleinement. En adoptant un état d'esprit progressiste, il est possible de créer un environnement dans lequel chaque pratiquant se sent valorisé, motivé et capable de réaliser son plein potentiel.
Favoriser l'engagement et la performance des joueurs par des animations constructives
Pour ce faire, avec les joueurs, il est préconisé de mettre en place des animations qui favorisent des retours réguliers et constructifs, comme des temps d’échange sur les entraînements et les matchs. Point sensible : Attention aux pseudos animations organisées par le coach lui-même, aux discours et monologues de l’éducateur ou bien celles qui se terminent en buvette !
Il est impératif de définir ensemble des objectifs clairs et réalistes, encourager et reconnaître leurs efforts, les responsabiliser tout en leur permettant d'être autonomes, les aider à développer la confiance en soi et le sens du collectif.
L'éducateur doit incarner l'honnêteté et la justice, être compréhensif et créer une dynamique de groupe positive. Il doit également être capable de remettre en question ses propres pratiques.
- La première clé de sa réussite réside dans l'introspection.
- La deuxième clé est de se former continuellement aux pratiques du coaching.
- La troisième clé est d'accepter les critiques constructives visant à progresser.
Un éducateur qui reconnaît ses erreurs et en discute ouvertement avec son équipe démontre son honnêteté et sa volonté de s'améliorer.